Quand choisir semble impossible…

de Marina Blanchart

 

Irène me consulte… elle est perdue, me confie-t-elle. 

Elle est vit avec Jean-Jacques depuis 15 ans, ils ont deux chouettes enfants qui sont bien dans leur peau. Jean-Jacques est un mari qui travaille beaucoup, mais un papa attentif et présent. Ils passent de belles vacances chaque année et elle apprécie ces moments en famille. Évidemment, il y a un « MAIS », car sinon Irène ne serait pas devant moi en larmes, perdue dans sa vie de femme. 

Le « mais » s’appelle Giorgio, un homme qu’elle a croisé au travail avant qu’ils ne se rapprochent, doucement mais sûrement et qu’ils deviennent si proches qu’aujourd’hui, elle ne peut imaginer sa vie sans lui ! Il est si craquant, drôle, subtil, il a ce charme italien qui la fait fondre. Cela fait maintenant 3 ans qu’ils sont amants et qu’ils partagent des moments doux, passionnés et tellement irrésistibles. 

Elle ne veut plus de cette double vie, elle ne sait plus si elle aime encore Jean-Jacques, elle a peur de perdre sa famille, de mettre cet équilibre en péril, mais elle n’ose imaginer perdre les moments magiques partagés avec Giorgio qui voudrait qu’elle s’engage envers lui et quitte son mari. Avec Jean-Jacques, c’est compliqué, elle prend de la distance, se culpabilise, mais se montre distante.

Elle a rompu deux fois avec Giorgio mais sans être capable de renoncer à lui. Elle craque et revient toujours…

Irène, comme beaucoup d’autres personnes qui me consultent, se trouve face à un choix qui semble impossible à faire…

Guillaume vit une situation similaire au boulot. Après 10 ans dans un statut de salarié, il vient de s’engager dans un nouveau job qui le motive. Il est indépendant mais travaille pour Tania qu’il trouve plutôt sympathique. Elle lui confie des missions et ça lui plaît ! Il le sentiment d’une plus grande liberté et se sent son propre chef. 

Cependant, il se demande s’il ne ferait pas mieux de redevenir salarié. Il a appris que Tania n’avait pas toujours été honnête dans le passé. Il se demande si ce sont des ragots ou s’il est vraiment en train de s’allier à quelqu’un de douteux. Guillaume hésite, il ne se mobilise pas trop dans les démarches commerciales qu’il est censé faire pour Tania, car il passe une partie du temps à regarder les annonces pour un possible job de salarié. Il est en proie au doute : serais-je plus sécurisé comme salarié, même si le travail est moins intéressant ou puis-je faire confiance à Tania et m’engager vraiment dans ce job ?

Guillaume et Irène vivent dans le doute, la prise de tête et les questions en permanence avec ce mantra qui revient : « je dois prendre la bonne décision de manière certaine ! Je ne peux pas me tromper au vu de l’enjeu ! Je dois vite savoir. » ; ceci correspond à leur première tentative de régulation comme nous les appelons en thérapie brève. La seconde correspond au retrait comportemental dans lequel ils se positionnent : je ne m’implique plus tout-à-fait dans aucun des deux choix tant que je ne suis pas certain d’être dans le bon !

choix 1

 

Comment accompagner une personne torturée par un choix difficile ? 

rond-pointJe commence par lui proposer la métaphore du rond-point sur lequel il tourne sans pouvoir s’engager sur les voies qui s’ouvrent à elle. Probablement que les deux voies sont bonnes pour vous, que les deux décisions, malgré leur prix à payer à chacune, ont toutes les deux beaucoup d’avantages sinon vous ne les envisageriez pas. 

C’est extrêmement difficile de choisir entre deux bonnes décisions, non ? 

Si vous prenez la route de droite, certainement qu’il y aura des moments difficiles où vous vous direz que vous auriez mieux fait de prendre l’autre, mais à d’autres moments, vous vous féliciterez de votre choix et si vous prenez celle qui part à gauche, ce sera la même chose car aucune route de la vie n’est toute rose et idéale, elles ont toutes leur cahots et le paysage y est changeant. 

Très bien, mais je dois quand même choisir la meilleure pour moi ? 

Effectivement, et j’ai l’impression que, pour le moment, vous manquez d’informations sur chacune de ces routes pour faire un choix clair. J’ai le sentiment que vous vous engagez un peu sur l’une et là, vous êtes affolés par tous les inconvénients de cette route ou tout ce que vous avez à perdre… et du coup, vous revenez au plus vite sur le rond-point…

A Irène, je pourrais dire qu’à peine, vous décidez de quitter Giorgio que vous avez le sentiment de vous arracher le bras ou le cœur en vous privant d’un homme que vous aimez à la folie, si par contre, vous imaginez partir avec lui, vous sentez la douleur de votre mari et de vos enfants et avez un sentiment de gâchis immense en pensant à votre belle famille…

A Guillaume, quand vous pensez redevenir salarié, vous vous dites immédiatement qu’il est trop dommage de renoncer à cette nouvelle liberté et quand vous imaginez rester fidèle à votre engagement avec Tania, vous craigniez de vous faire avoir et de regretter de lui avoir fait confiance… d’où le retour inévitable sur le rond-point ! 

Un ami et collègue me disait : « en fait, ils hésitent entre la mer et la montagne, mais sans connaître ni l’une, ni l’autre… »

Il va donc falloir aller découvrir un peu plus loin ce que l’une ou l’autre des routes vous propose comme paysage afin de voir si, riche de plus d’informations, le choix s’avère plus facile et clair… 

Dites-moi de ces deux routes sur laquelle sera-t-il plus facile de faire demi-tour ? 

Irène, est-ce plus facile de rester avec votre mari et si la route n’est pas suffisamment plaisante, revenir vers Giorgio ou partir avec votre bel italien et revenir ensuite vers votre mari ?  

Et vous, Guillaume, quel sera le plus simple vous engager davantage avec Tania et prendre quelques mois pour investir ce nouveau travail ou vous engager comme salarié et revenir plus tard vers Tania ? 

Personnellement, je n’ai pas la réponse et je laisse le choix à la personne qui est sur le rond-point, c’est sa vie et elle choisit les risques à prendre… 

Ensuite, je vais, en fonction de la situation, estimer avec elle le nombre de mois durant lesquels elle va s’engager sur la route où le demi-tour serait le moins pénible. Nous fixons une date butoir qui sera un moment important pour faire le point sur la route parcourue. 

J’essaie de choisir une date symbolique, un anniversaire, le jour de l’An, le premier jour des vacances… Une date qui va devenir la date de décision et chaque prise de tête sera renvoyée à cette date. 

« A chaque fois que vous vous poserez des questions, que vous aurez des doutes, vous vous direz : je choisirai le premier janvier, avant ça, vous serez dans la récolte d’informations. Et vous allez en avoir beaucoup plus dès lors que vous allez vraiment avancer sur la route choisie et en y mettant la gomme ! Car je vais vous demander de faire comme si vous étiez à 100% certain d’avoir fait le bon choix. »

Irène, chaque matin, dans votre salle de bain, je vais vous demander de vous imaginer que vous êtes certaine d’aimer suffisamment Jean-Jacques et d’imaginer une dizaine de petites choses que vous feriez dans la journée si c’était le cas, un texto pour lui dire un mot  gentil, un petit dessert qu’il adore, une main dans son dos en passant près de lui, l’organisation d’un we à deux… des choses plus ou moins grandes et je vous demande d’en choisir une accessible pour vous et de la faire…

Ceci vous permettra, si vous quittez Jean-Jacques, de pouvoir regarder vos enfants en face et de leur dire : j’ai vraiment essayé à fond afin que cela fonctionne ! 

Guillaume, je vous propose de tout donner dans votre nouveau job avec Tania, de vous investir au maximum afin de pouvoir vraiment observer et avoir les informations dans 7 mois environ, le 17 septembre quand nous ferons le point. Cela vous permettra de vraiment savoir si cette vie d’indépendant vous convient et vous aurez plus d’infos sur la confiance dont Tania est digne…

Ces personnes tentent de réguler leur choix difficile en réfléchissant et se mettent en recul par rapport à leur vie réelle. Nous parlons de tentatives de régulation réflexives qui les éloignent du processus et les empêchent de trouver ce qu’elles cherchent. Et plus, elles réfléchissent, plus elles tournent sur leur rond-point, plus elles s’éloignent de la vraie vie qui est en réalité la seule source d’information fiable… donc, plus elles sont perdues…

Notre intervention va permettre de couper le questionnement, non pas en leur demandant juste de l’arrêter, mais en proposant de le postposer de manière systématique à une date précise en remplaçant le mantra « je dois choisir » par « je répondrai à telle ou telle date ». Et nous leur permettons de replonger dans le processus en les amenant à s’engager vraiment dans l’une des voies possibles… celle où on peut faire demi-tour…

choix 2

Et si Irène craint alors de perdre Giorgio, je lui renvoie la question : vous pensez qu’il n’attendra pas ? Ce sera aussi une information intéressante, non ? 

Il est intéressant de noter qu’on ne fixe pas le prochain rendez-vous à la date butoir ! On les revoit avant car les informations viennent souvent bien plus vite. « Je n’arrive même pas à lui toucher le dos, je ne suis tellement plus attirée… », « Tania est vraiment quelqu’un de bien et je sens que cette liberté est un atout non négligeable pour ma vie de famille… ». 

Quand le processus reprend le dessus, la personne est remise en action et la vie reprend ses droits.

Pour beaucoup de nos interventions, nous amenons, par les tâches si spécifiques à notre approche, nos patients ou coachés à se remettre en mouvement, à sortir du figement dans lequel leur souffrance ou bien l’envie de « contrôler » avec le mental les enferme.

 

 

Nos outils et formations recommandés pour vous...

Tous les commentaires (2)

Caroline Averty

Super article Marina avec ces 2 illustrations ! Comme d'habitude, quand tu l'expliques ça a l'air "simple" ;). Merci !

Van Dam Denise

Super bon exercice, très éclairant et instructif ... tombe à pique après mes deux derniers jours de formation sur le Mapping ! Merci !

Vous devez être enregistré

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster leurs commentaires

Cliquez ici pour vous enregistrer

Ajouter un commentaire

CO²

Le travail réalisé par notre équipe a permis d’enregistrer

- 32,26 %

de consommation de CO2 en surfant sur Virages Formations

arbre

La générosité de nos clients a permis de planter

63 arbres

afin de compenser les émissions en CO2

Plus d'infos sur notre implication environnementale
Haut de la page
Question ? Contactez-nous !

Vous souhaitez être guidé(e) pour choisir au mieux votre parcours de formation ? N'hésitez pas à remplir ce formulaire, nous vous recontacterons dès que possible.

Par l'encodage de ses données et l'envoi du présent formulaire, l'utilisateur du site Internet reconnaît avoir pris connaissance et accepté nos conditions d’utilisation du site web et de protection des données personnelles.